L'ancien ministre de la Santé se rallie à l'initiative de Michel Rocard en faveur d'un partenariat PS-UDF.
«Pour la première fois depuis trente ans, le parti de François Bayrou
ne récuse pas la gauche réformatrice. Saisissons cette chance». Discret
jusqu'ici dans la campagne,
Bernard Kouchner se rallie, dans une tribune mise en ligne sur le site du
Journal du Dimanche, à l'initiative de Michel Rocard.
L'ancien premier ministre socialiste avait appelé vendredi dans
Le Monde les socialistes à s'allier avec l'UDF. Une proposition rejetée
par plusieurs hiérarques socialistes.
Pour Bernard Kouchner, membre, comme Michel Rocard, de l'équipe du
pacte présidentiel de Ségolène Royal, «à l'instar de nos voisins
européens, capables de réussir là où nous avons échoué, cette gauche-là
ne doit pas refuser l'alliance avec un centre rénové».
Le fondateur de Médecins sans Frontières se défend de toute «manœuvre
politicienne», estimant que tel n'est pas non plus le but de Michel
Rocard, «lui qui a plus apporté à la France et aux idées que tous ses
détracteurs réunis». Il rappelle qu'il a «suffisamment soutenu Ségolène
Royal et travaillé avec elle pour savoir qu'elle peut orchestrer
calmement cette indispensable mutation».
«Crampes partisanes»
Bernard Kouchner en appelle au réalisme : «Je sais que les alliances ne
se noueront qu'après le premier tour. Ce n'est pas ajouter à la
confusion que de revenir dès aujourd'hui à l'essentiel, et de préférer
aux calculs politiciens des convictions que tant d'entre nous
partagent», écrit-il.
Et de conclure : «Les électeurs de dimanche prochain ne sont pas
prisonniers des frontières du sectarisme. La France vaut mieux que nos
certitudes vieillies et nos crampes partisanes».