Le Lièvre, la Hase et la Tortue
Fable
française, circa 2007
librement
inspirée de Jean de La Fontaine (1621-1695)
|
Avec dans les rôles principaux |
Le Lièvre | |
La Hase |
||
| La Tortue |
Rien ne sert de courir ; il faut partir à point.
Le Lièvre, la Hase et la Tortue en sont un témoignage.
Gageons, dit la Tortue, que vous n'atteindrez point
Sitôt que moi ce but. - Sitôt ? Etes-vous sage ?
Repartirent les légers animaux.
Ma commère, il vous faut purger
Avec quatre grains d'ellébore.
- Sage ou non, je parie encore.
Ainsi fut fait : et de tous trois
On mit près du but les enjeux :
Savoir quoi, ce n'est pas l'affaire,
Ni de quel juge l'on convint.
Notre Lièvre et sa Hase n'avaient que quatre pas à faire ;
J'entends de ceux qu'ils font lorsque prêt d'être atteint
Ils s'éloignent des chiens, les renvoient aux Calendes,
Et leur fait arpenter les landes.
Ayant, dis-je, du temps de reste pour brouter,
Pour dormir, et pour écouter
D'où vient le vent, ils laissent la Tortue
Aller son train de Sénateur.
Elle part, elle s'évertue ;
Elle se hâte avec lenteur.
Eux cependant méprisent une telle victoire,
Tiennent la gageure à peu de gloire,
Croient qu'il y va de leur honneur
De partir tard. Ils broutent, ils se reposent,
Ils s'amusent à toute autre chose
Qu'à la gageure. A la fin quand ils virent
Que l'autre touchait presque au bout de la carrière,
Ils partirent comme un trait ; mais les élans qu'ils firent
Furent vains : la Tortue arriva la première.
Eh bien ! leur cria-t-elle, avais-je pas raison ?
De quoi vous sert votre vitesse ?
Moi, l'emporter ! et que serait-ce
Si vous portiez une maison ?