• Santé

    "On est au bord de la désertification médicale dans de nombreuses régions : il faut une politique active de restauration du tissu médical"


    François Bayrou a présenté sa vision de la politique de santé en conclusion d'un colloque intitulé "Quelles stratégies pour la santé ?", qui s'est tenu en novembre 2005. Une consultation par questionnaire, à laquelle 11 200 médecins ont répondu, alimentait cette réflexion.


    "Les quelque 200 000 médecins français représentent un gisement de compétences, de connaissances, d'expérience scientifique et humaine à nul autre pareil. Ils ne demandent qu'à participer à l'élaboration des évolutions nécessaires. Il faut institutionnaliser la participation des médecins à la réflexion et à la  décision, changer les pratiques professionnelles de décideurs habitués au secret et au soupçon


    Il faut donner à la gestion de nos politiques de santé une dimension régionale pour que les besoins de santé soient identifiés, qu'ils obtiennent une réponse adaptée, que puissent y participer des partenaires légitimement représentés.


    On est au bord de la désertification médicale dans de nombreuses régions, dans un certain nombre de spécialités.


    Il faut une politique active de restauration du tissu médical. Au temps lointain où il fallait restaurer le tissu des professeurs, on inventa les Instituts Préparatoires à l'Enseignement Secondaire (IPES), qui garantissaient à des étudiants un revenu pendant une partie de leurs études, pourvu qu'ils souscrivent l'engagement de servir dix ans dans la fonction publique : une politique du même ordre, incitative, peut être imaginée pour le tissu médical français.


    La permanence des prises en charge, de jour et de nuit, est une demande croissante. La participation des médecins généralistes est nécessaire. Cela impose l'implantation de maisons médicales, qu'on a pourtant, financièrement, récemment abandonnées.


    Je crois peu au médecin traitant comme distributeur de ticket d'accès gratuit au spécialiste, mais  je crois beaucoup au médecin traitant comme acteur et responsable de la prévention."