• Proche-Orient

    « L'Europe a un rôle essentiel à jouer : agir pour la paix, être un modèle de réconciliation »


    Pour François Bayrou, la France — qui a un lien fort tant avec Israël, qu'avec le peuple palestinien et le Liban — peut, avec ses partenaires européens, agir efficacement sur les protagonistes du conflit, et leur proposer par l'exemple un avenir pacifique.


    « La France veut l'existence, la paix et la sécurité d'Israël ; elle y voit un lien avec l'équilibre du monde. Car nous considérons que, depuis la Shoah, la
    décision qui s'est forgée dans le peuple juif de retrouver une terre, est une décision dont l'humanité est solidaire. Et, de ce même mouvement, nous savons qu'il y avait sur cette terre des hommes, le peuple de Palestine, que cette décision a fait souffrir et qui sont aussi des victimes.

    C'est pourquoi l'équilibre nouveau à trouver entre l'État qu'ont formé les humiliés juifs d'hier et l'État que doivent former les humiliés palestiniens
    d'aujourd'hui
    , cet équilibre importe à l'ensemble de l'humanité.

    L'Iran, qui affirme haut et fort qu'il veut en détruire Israël, pose aux démocraties une question extrêmement grave. Les démocraties ne peuvent accepter la prolifération nucléaire. Le peuple iranien ne peut entendre cette détermination que si nous l'exprimons sans ambiguïté.

    L'Europe a dans cette région un rôle essentiel à jouer. Tant que les nations européennes joueront la carte du chacun pour soi, notre division nous condamnera à l'impuissance. Les Européens envoient les troupes et l'argent, mais ce sont les Américains qui trop souvent décident ! La France doit proposer d'utiliser la capacité diplomatique de chacun au sein d'une démarche réfléchie et travaillée en commun. » 


    « L'Europe peut être un modèle pour le Proche-Orient. Pour moi qui aime Israël, qui aime le Liban, qui aime la Palestine, le chemin ouvert jadis par Schuman et Monnet est le seul disponible : l'édification d'une communauté où chacun garderait sa souveraineté. Passer directement de la guerre à la maison commune, dans laquelle chacun a son espace, dans laquelle, épuisés de se faire la guerre pour des choses tellement sensibles qu'il n'y a pas de fin à cette guerre, on décide que ces choses sensibles, on les gérera ensemble : l'eau, les réfugiés, les Lieux Saints. Nous Européens, nous avons géré comme cela le charbon et l'acier, après
    s'être fait cent ans de guerre pour le charbon et l'acier !


    Ou bien on se fait la guerre, ou bien on choisit de vivre ensemble. »