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    « Pas de démocratie sans séparation des intérêts politiques, économiques et médiatiques »


    François Bayrou reprend pour l'ensemble des médias le programme d'action que le Conseil national de la Résistance avait adopté à l'unanimité le 15 mars 1944 : "assurer la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l'égard de l'Etat, des puissances d'argent et des influences étrangères."


    « Les media suivent un mécanisme implacable : les minutes de télévision créent les bons sondages, qui eux-mêmes suscitent des articles qui engendrent les minutes de télévision. C'est un formatage qui pousse à la bipolarisation de la vie politique.

    Mais penser qu'il n'y a que deux réponses est d'un simplisme accablant.

    Attachés au pluralisme, par millions des citoyens entrent en résistance. Ils ont envie qu'on leur propose une grille de lecture différente, une information honnête et ouverte. Ils ont envie qu'on les considère comme des adultes.

    Le pouvoir politique, le pouvoir médiatique et les puissances de l'argent doivent être indépendants les uns des autres. Il doit y avoir une distance entre le monde politique et les puissances d'argent, il faut distinguer l'intérêt général des intérêts privés. Un président n'a rien à refuser à une entreprise qui a contribué puissamment à son élection. Cela doit changer.

    Je dénonce deux phénomènes.

    D'abord, que les groupes qui possèdent des média soient par ailleurs en affaire avec l'Etat : c'est une anomalie démocratique
    qu'il y ait des liens de clientèle entre l'Etat et les groupes de presse, dans d'autres activités comme l'armement ou le bâtiment.

    Deuxièmement, je dénonce la revendication des liens d'intimité entre les patrons de ces groupes de presse et certains hommes politiques.

    Autant le second phénomène est une affaire de démarche personnelle, autant le premier peut se régler par la loi. Je propose une loi interdisant aux grands groupes qui vivent des commandes de l'Etat d'acquérir des entreprises de médias. »