• Liban

    « La France a vécu la guerre de l'été 2006 comme une épreuve »


    François Bayrou a pris la parole à la tribune de l'Assemblée lors du débat sur la situation au Proche-Orient, et sur la résolution 1701 mettant fin aux affrontements à la frontière israëlo-libanaise. Pour François Bayrou, la France doit se donner comme ambition dans cette région de restaurer une paix durable et de garantir la souveraineté d'un Liban indépendant.


    « La France a un lien indissoluble avec le Liban, pour qui la langue française est une seconde patrie, et qui, sans elle, n'existerait pas : c'est la France qui a servi de garant à cette idée historique de faire une communauté nationale d'un peuple éclaté entre tant de communautés, liées par un contrat complexe. La France a vécu la guerre de l'été 2006 comme une épreuve.

    J'ai, pour l'essentiel, soutenu dès les premiers jours la ligne fixée par le président de la République - chemin faisant, j'ai trouvé déplacé et dangereux que le ministre français des Affaires étrangères délivre à l'Iran un brevet de respectabilité comme "puissance stabilisatrice dans la région".

    Je soutiens la décision de participation à la FINUL. Nous sommes d'accord sur la démarche consistant à reconstruire le Liban et à demander à la communauté internationale d'aider ce pays, en particulier devant le drame et la menace que représentent pour des centaines de milliers de Libanais les mines antipersonnel et les résidus de bombe à fragmentation.

    Mais il y a une question politique : quel est exactement le mandat de la FINUL ? S'il est le même que celui de la FINUL I, l'on risque d'assister, sous les yeux même des contingents armés de l'ONU, au réarmement de la milice du Hezbollah. Cela ne serait pas conforme à la lettre, ni à l'esprit, des résolutions des Nations unies : la résolution 1559 oblige au désarmement effectif des milices et à l'exercice de l'autorité sur le terrain par l'armée libanaise, et la résolution 1701 affirme que l'armée libanaise est la seule autorité légitime en matière de sécurité au Liban.

    Et ce serait un risque immense pour le Liban, pour Israël, pour la paix, qu'une faction qui vise ouvertement la destruction d'Israël, s'arroge la domination sur une région d'un pays souverain. On voit la déstabilisation de la région et du Liban tout entier que cela supposerait.

    Je demande que ces menaces soient prises en considération et qu'il y soit mis un terme. Le réarmement des milices serait l'échec assuré pour la politique nécessaire de paix et de restauration de la souveraineté d'un Liban indépendant. »