• Irak

    « Le "non" de la France est juste. Si, pour résoudre les crises, on n'a que la réponse "déclencher une guerre", alors on est parti pour un siècle extrêmement dangereux »

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    Le 10 mars 2003, le président de la République annonçait à propos du projet américain de faire voter à l'ONU une résolution autorisant l'invasion de l'Irak : "Quelles que soient les circonstances, la France votera non". François Bayrou a aussitôt, et constamment, soutenu ce choix de la France.


    « La position exprimée hier soir par le Président de la République est juste, tant une guerre de première intention ne saurait être la réponse aux crises de la planète, ni un moyen de défendre nos valeurs.

    Ce "non" de la France est juste. Il y a dans cette crise, non seulement la résolution du problème irakien, mais aussi un modèle de résolution pour toutes les autres crises qui surgissent : la Corée du Nord, peut-être l'Iran, la Libye, ... des Etats si incontrôlables, si instables, si pénétrés d'idéologie, qu'on doit se demander ce qu'on peut faire pour les mettre hors d'état de nuire. Et si on n'a que la réponse "déclencher une guerre", alors on est parti pour un siècle extrêmement dangereux. C'est pourquoi j'approuve le président de la République.

    Beaucoup de gens évidemment, entre Bush et Saddam Hussein, se sentent plutôt du côté des Américains, mais il faut le leur rappeler : ce n'est pas la question. La question c'est : quel est le chemin que nous allons suivre pour résoudre les crises qui se préparent ?

    La question est celle des organisations internationales : ONU, Otan, Union Européenne, aujourd'hui fragilisées. Et c'est l'équilibre des puissances. Est-ce que les Etats-Unis sont la seule puissance de la planète, ou est-ce qu'on bâtit en face une puissance équivalente, qui puisse parler aussi fort ? On n'en a pas pris le chemin. C'est la partie où je me suis trouvé très éloigné de l'analyse du président de la République.

    Il aurait fallu, dès le premier jour de cette crise, s'obstiner à trouver une position européenne et à présenter un front européen. Alors la Grande-Bretagne aurait été d'une certaine manière au pied du mur. »

    Dans son discours de Lille le 14 décembre 2006, François Bayrou revient sur ce "non" :

    « Cet avertissement ultime a été lancé au nom de notre peuple, et notre peuple parlait au nom d'une partie de l'humanité.

    C'est la France qui avait raison, et le président de la République a été à ce moment, non pas arrogant, mais courageux.

    La France, par la bouche de Jacques Chirac et de Dominique de Villepin, a rappelé aux peuples du monde, y compris au peuple américain, entraîné par une intense communication de masse, que des principes essentiels étaient bafoués, et que de lourds dangers risquaient d'être déchaînés.

    Qui aujourd'hui, peut encore regretter que la France ait parlé comme elle l'a fait et décidé d'user de son droit de veto ? À ce moment, la France a été à la hauteur de sa vocation. C'est dans cette ligne de courage que je m'inscrirai pour la politique étrangère de la France.  »