• Intermittents du spectacle

    "L'aide la plus efficace que l'on puisse apporter au monde de la culture"


    Pour François Bayrou, ce système est nécessaire à la création et à la vitalité culturelle. Et si l'on parle de réforme, c'est en premier lieu à l'utilisation abusive du régime des intermittents par les grandes entreprises, qu'il faut s'attaquer.


    "Le déséquilibre de ce régime ne provient pas seulement, ni même principalement, de la précarité de la situation des comédiens, musiciens, des techniciens. Cette précarité est pour ainsi dire naturelle, consubstantielle à l'activité de création. On ne peut pas jouer tous les jours, surtout quand on est un débutant, surtout quand on innove.

    Une grande partie du déséquilibre provient des abus dont de grandes entreprises ont fait leur pratique habituelle. De grandes entreprises de télévision ou de production, et même des entreprises publiques ont pris l'habitude, depuis des décennies, de payer comme intermittents des techniciens, des présentateurs, des réalisateurs qui sont en réalité employés à temps plein ou sur le long terme. Simplement, elles trouvent plus avantageux de faire payer par la collectivité les jours de repos ou les congés, qui sont assumés dans le contrat de travail par tous les autres employeurs.

    Il n'est pas juste de faire supporter par les plus précaires et les plus fragiles de ceux qui participent à la culture du spectacle, les abus tolérés depuis trop longtemps de la part de sociétés qui devraient donner l'exemple.

    Le régime des intermittents, c'est probablement l'aide la plus efficace que l'on puisse apporter au monde de la culture. Ce régime doit être assaini, c'est vrai, mais il doit l'être en traitant également les abus de toute nature, les abus des plus gros étant plus choquants que les abus des plus faibles.

    En tout cas le protocole d'acccord de juin 2003 était un mauvais protocole qui n'a fait que fragiliser les plus fragiles. Il n'a pas résolu la question du déficit de l'Unedic. Ainsi les parlementaires de notre famille politique ayant suivi ce dossier au sein du Comité de suivi de l'assurance chômage composé d'élus de toutes tendance et d'artistes l'ont-ils dénoncé, proposant en contrepartie une loi  qui réaffirme le statut de l'intermittence, fondé sur des principes justes, vertueux et équitables."