• Handicaps

    "Je suis contre cette frontière que l'on ne cesse d'établir entre les personnes handicapées et les autres" 


    Pour François Bayrou, la situation des personnes handicapées est l'un des domaines où l'action de la collectivité est essentielle. Car une société se juge à la manière dont elle traite ceux qui rencontrent le plus de difficultés.



    « D'une certaine manière, le handicap n'est pas limité aux handicapés. Je refuse de découper le monde en deux : les valides d'un côté, les handicapés de l'autre. Il faut en quelque sorte désincarcérer le handicap et proposer à la société un modèle qui soit simplement ouvert et universel. Je suis en forte rébellion contre le glissement vers une société pour les forts, où la loi de la jungle règne.

    Quand j'étais ministre de l'Education nationale, quand j'étais président de conseil général, j'ai ouvert beaucoup de classes d'intégration, à l'école primaire, au collège. On a fait des expériences, je crois qu'elles ont été appréciées.


    Permettons l'intégration, permettons que le valide comprenne le handicap potentiel qu'il y a en lui et que le handicapé montre le valide qu'il y a en lui. Faisons exploser cette frontière, mais soyons intraitables sur ce sur quoi il faut être intraitable !


    Ce n'est pas affaire de théorie, c'est affaire de moyens, c'est peut-être affaire d'obligation.


    C'est très important que les initiatives individuelles existent, que les associations se mobilisent, mais c'est aux pouvoirs publics de prendre leurs responsabilités. C'est un sujet où la loi est justifiée, où il doit y avoir obligation, parce que ceux qui ont du mal à sortir de chez eux, à se faire entendre, ont le sentiment que leur place n'est pas acquise et qu'il faut se battre constamment : se battre pour aller à l'école, se battre pour avoir une allocation décente.


    Ce sont les idéaux qui font vivre un certain nombre d'entre nous, et c'est sur un sujet comme celui du handicap qu'on juge de leur validité, de leur sincérité, de leur réalité. »
     

    Intervention au colloque "Handicap, droits et réalités", 28 mars 2001.