• Europe

    « L'Europe est notre chance de rester nous-mêmes. » 


    L'Europe est un engagement - elle est aussi une nécessité. Pour François Bayrou, l'avenir de la France ne peut s'écrire qu'au sein d'une Europe investie par ses citoyens, conscients de la valeur d'un modèle de société et de civilisation attaqué de toute part.


    « Le modèle européen existe, il est un projet de société en résistance aux valeurs dominantes dans le monde, à la dictature de l'argent roi, à l'obsession des rapports de force. L'Europe est la clé de la liberté de choix : elle permet d'écrire l'avenir.

    Sans Europe, sans union politique et sans démocratie, la marche du monde devient une fatalité, une mécanique inexorable, sur laquelle les peuples de notre continent auront perdu le pouvoir de peser. Chaque fois qu'il s'agit de peser sur l'avenir du monde, on retrouve "le besoin d'Europe".

    J'aime l'idéal européen. J'aime cette idée de peuples différents, porteurs d'un même projet de civilisation, venu du fond de l'Histoire, qui décident de tourner le dos à la guerre et de s'unir pour peser ensemble sur le destin du monde.

    Mais ce n'est pas seulement une idée que l'on doit aimer. C'est une idée qui s'impose dès l'instant que l'on mesure les puissances de la planète. La stratégie de la Chine en Afrique, partout où il y a du pétrole. La force des puissances financières et économiques.

    Devant chacune des grandes questions de l'univers, nous savons tous que l'échelon national, nécessaire, heureux, n'est plus suffisant.

    Pourquoi l'élection présidentielle française de 2007 est-elle aussi importante ? Parce que faire de l'Europe une puissance capable de parler d'une seule voix pour imposer des changements sur la planète, cela ne peut se faire que si la France le veut et entraîne les autres. L'Europe, acteur du destin de la planète, c'est une idée, on pourrait même dire que c'est une utopie française.

    La France est le creuset de notre volonté nationale. C'est là que s'affirment nos principes. Mais pour faire entendre ces principes à l'échelle du monde, il faut que l'Europe se redresse elle aussi.

    Nous savons pourquoi les Français ont voté « non ». Ils ont trouvé le texte de la Constitution européenne illisible. Ils ont pensé que cette obscurité était voulue pour faire passer un projet de société, par exemple, matérialiste et marchand, qui n'aurait pas leur accord. Ils ont craint que l'élargissement continu de l'Union n'enlève à l'Europe son identité, et que de ce fait, l'Europe se retrouve sans visage et sans mémoire.

    Ces craintes étaient-elles toutes infondées ? Nous savions bien que non. Mais nous avons pensé que les avancées vers une Europe devenue démocratique, conjureraient toutes ces craintes.


    Aujourd'hui, nous nous retrouvons dans une situation que nous ne connaissions pas. Nous avons été pendant des décennies, les héritiers des pères de l'Europe. C'est à notre tour de redevenir humblement les pères de l'Europe à notre manière. Pères à notre tour, puisque le projet doit être profondément repensé et réinspiré.

    C'est pourquoi nous agirons de manière transparente aux yeux des Français. Nous mettrons dans le débat un texte, simple, lisible, court, sans ambiguïté, qui donnera forme aux principes d'une Union européenne sortie de ses paralysies et de ses impasses.

    Je prends devant vous l'engagement - qui est au contraire du choix de mes concurrents - qu'aucun texte ne sera adopté par la France qui ne le soit aussi par les Français. Ce qu'un référendum a décidé s'impose tant qu'un autre référendum n'est pas intervenu. Ce principe est pour moi un impératif et je n'y manquerai pas. »