• Etats-Unis

    « J'aime les Etats-Unis, j'aime le peuple américain. Mais ce n'est pas mon modèle. »

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    François Bayrou aime d'autant plus les Etats-Unis qu'il y a une branche de sa famille, émigrée depuis le Béarn. Il voit dans le dynamisme des entrepreneurs américains un modèle pour les entreprises françaises. Mais une France pleinement indépendante des Etats-Unis, grâce à une Europe forte, est une nécessité tant pour promouvoir notre modèle social que pour l'équilibre du monde.



    « Il y a un modèle américain, mais je suis pour un modèle français, européen, qui vaut largement, et plus, ce modèle américain. La différence se définit en particulier par la place que l'on réserve à l'argent dans la société : mon échelle de valeur, c'est que l'argent compte, mais que l'argent ne doit pas gouverner la société, la politique. Dans la société américaine, les deux principaux partis politiques sont tenus par ceux qui sont capables de financer les campagnes.

    Je ne suis fasciné ni par ce modèle, ni par l'actuel président américain, qui est l'auteur d'une des plus graves erreurs historiques commises durant cette décennie, avec la guerre en Irak. Je me suis opposé à la guerre en Irak, car ce n'est pas une guerre juste, parce qu'elle a été décidée contre la communauté internationale et contre l'ONU. Les États-Unis ont pris une responsabilité terrible : quand on demandera aux Iraniens de ne pas se doter de la bombe au nom de la communauté internationale, il leur sera facile de nous répondre qu'il est facile d'invoquer l'ONU quand ça nous arrange, et de l'oublier en Irak.


    Ma ligne, c'est l'indépendance. J'ai approuvé la position définie par le président Chirac et défendue par Dominique de Villepin. La France n'a pas été arrogante, elle a été fidèle à elle-même, et l'accuser d'arrogance - comme cela a été fait - a quelque chose de blessant pour la France.


    Je suis un Européen convaincu, parce que je veux que notre continent puisse contrebalancer le pouvoir des Etats-Unis. Et pour cela, il faut être aussi fort qu'eux. Cette volonté ne s'explique pas par un quelconque antiaméricanisme, mais par la croyance, appliquée à tous les domaines, qu'être seul à gouverner conduit systématiquement à l'erreur. Le pouvoir d'une seule super-puissance crée un monde plus dangereux.


    Vouloir contrebalancer le pouvoir des Etats-Unis, c'est également s'appliquer à sauvegarder la multiplicité des langues, des cultures et des valeurs. »