• Environnement

    « Un modèle de développement plus sobre, c'est un modèle du vivre mieux. » 


    La menace climatique pèse. La rareté de l'énergie signifie un risque immédiat de crash pour nos sociétés démocratiques. La réponse doit être à l'échelle européenne et à long terme, ce qui demande un plan national trans-partisan. François Bayrou, après avoir présenté un tel plan le 22 avril 2006, a signé le 25 novembre le Pacte écologique, par lequel Nicolas Hulot venait de proposer la même démarche.



    «  Développement durable et écologie sont à l'évidence des sujets sur lesquels il faut s'accorder sur les grandes orientations, pour que l'Etat agisse de façon cohérente sur le long terme.


    Economiser l'énergie : nous disposons là d'un grand "gisement" d'énergie à bas coût. La première clé est d'expliquer pourquoi c'est indispensable, par les media et l'école. Deuxième clé - moins idéaliste ! – il faut qu'il soit plus cher de polluer que de ne pas polluer. Une fiscalité écologique est absolument nécessaire. 


    Planifier à long terme une régulation du prix des énergies fossiles, qui pousse chacun d'entre nous à programmer dans le temps ses économies. C'est l'idée poussée par Jean-Marc Jancovici. Il faut que chacun sache ce que coûtera le carburant, le gaz, à 15 ans, pour qu'il puisse programmer son équipement, son futur chauffage, ses panneaux solaires... On ne peut pas le faire du jour au lendemain - sinon c'est sur les pauvres qu'on tape.


    Le plan pour une croissance sobre que je propose est assis sur trois piliers : se fixer des objectifs précis en matière d'énergies renouvelables, de biocarburants ; accroître fortement les crédits publics de recherche ; aider les pays émergents à trouver des voies de croissance énergétiquement sobres.


    Seule une politique européenne de l'énergie a les moyens d'induire ce changement de comportement et de s'adresser fortement à toute la planète.


    Un plan national  viendra soutenir cette politique : dans le bâtiment, un renforcement des normes ; la réduction de la place de l'automobile dans les modes de transport, le développement du ferroutage (conteneurs et camions transportés par voie ferrée) pour le fret ; des seuils de consommation pour l'éclairage, et des normes énergétiques pour tous les appareils ménagers ; pour l'agriculture, la programmation d'une diminution de 500 000 tonnes des engrais azotés ; un plan pour les énergies renouvelables (technologies solaires).  


    Je ne crois pas que la France puisse remplir ses engagements en matière de gaz à effets de serre sans le nucléaire. Il y a une zone de consensus possible entre pro et anti-nucléaires : l'obligation de transparence (avec publication des rapports) et la possibilité de saisine directe de l'instance de sécurité nucléaire par les associations, avec obligation de réponse.


    Dire la vérité sur la crise énergétique, c'est dire qu'il nous faudra changer notre modèle de développement. La crise de l'énergie et les défis climatiques doivent être une chance. La chance d'une vie différente, la création d'emplois non délocalisables. Dépenser moins d'énergie, c'est pour chaque foyer, du niveau de vie disponible pour vivre mieux.  »