Bayrou dans l'Urne (Source "Ma Vie en Narcisse")
Dimanche
prochain, je déposerai, dans l'urne électorale du bureau de vote de
l'école Pierre Budin, un bulletin en faveur de François Bayrou. Et
pourtant je suis militant au Parti Socialiste depuis 6 ans.
Explications de vote.
Je
pense que Ségolène Royal ne porte pas un véritable projet pour notre
pays, multipliant les déclarations floues voire contradictoires,
démontrant l'amateurisme de sa campagne, et le peu de cohérence de son
programme. Se démarquant du projet socialiste, elle préfère les petites
idées de conseillers sortis de nulle part. Les nouvelles idées
proposées étant aussitôt ajustées, voire démenties par ses
porte-parole. Nombreuses sont inspirées du programme « 3ème voix
» cher à Tony Blair, ou de la République des Idées, club de réflexion
prônant le libéralisme mou, quand elles ne viennent pas (« l'ordre juste
» par exemple) d'influences catholiques. Le tout sans aucune rigueur
financière, méprisant les conseillers sérieux du Parti Socialiste.
La
candidature Royal semble plus être l'aboutissement d'une soif de
pouvoir personnel, qu'une volonté de servir la France. Et peu importe
les moyens utilisés, que ce soit la marchandisation de son image dans
la presse ou l'anti-machisme exacerbé de sa candidature. Sa
méconnaissance des dossiers internationaux le double discours porté
au Moyen-Orient ou le déni de la culture chinoise le prouvent - laisse
présager du pire en cas d'accession à la Présidence. Comment faire
confiance à une candidate ne semant qu'agacements, divisions et rejets ?
Voter
pour un « petit » candidat à la gauche du Parti Socialiste ne
correspond à ma vision du suffrage universel présidentiel. Je peux me
retrouver dans nombreuses idées de Dominique Voynet, Marie-George
Buffet, José Bové ou Olivier Besancenot, mais personnellement je ne me
vois pas apporter mon soutien à une personne que je n'imagine pas
Président de la République. Cette élection n'est pas pour moi celle où
l'on fait le compte de ses partisans. Je veux donner ma voix à celui
que je pense le plus à même de diriger la France.
J'ai
donc choisi François Bayrou, par défaut certes. Mais j'ai l'espoir de
penser que sa volonté de rassemblement pourrait être très large, et que
sa collaboration ne se limitera pas aux seuls démocrates sociaux
tendance Kouchner ou Rocard. Mais également à toutes celles et ceux qui
peuvent apporter du renouveau et une soif de progression sociale. Son
discours prône la capitalisation de toutes les forces volontaires. Son
projet pour l'avenir de la France, bien que modeste et rigoureux, n'est
ni utopiste ni diviseur. Face au candidat UMP surfant sur le programme
du Front National, François Bayrou est le « vote utile » à la gauche de
Nicolas Sarkozy.
Il ne
s'agit pas simplement de gagner le premier tour pour laver l'affront du
21 avril 2002, comme le prône les partisans de Ségolène Royal.
Il s'agit surtout de gagner le second tour pour éliminer le leader de
la droite ultra-libérale et atlantiste. Au terme d'une campagne où
Ségolène Royal a pu largement démontré ses limites, je ne pense pas que
la candidate socialiste ait les moyens de battre Nicolas Sarkozy le 6
mai. Et j'ose à peine imaginer le débat de l'entre deux tour qui
pourrait s'avérer décisif...
A
l'inverse, François Bayrou a démontré ses qualités de champion durant
cette campagne. N'oublions jamais que Nicolas Sarkozy est lui aussi un
champion, sans doute le plus redoutable.
Ce serait dommage qu'il soit le meilleur.